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Publié le 29 juillet 202613 min de lecture

Test Assassin's Creed Black Flag Resynced - un remake à la hauteur

DonBear

DonBear

Fondateur

Test Assassin's Creed Black Flag Resynced - un remake à la hauteur
8

Note finale

sur 10

Action-Aventure • PS5

Assassin’s Creed Black Flag, quatrième opus de la licence iconique, est sans doute le favori de la majorité des fans. Entre les Caraïbes, le personnage principal intéressant, les batailles navales, cette sensation d’aventure, tout était là pour plaire, d’autant plus après un troisième épisode beaucoup plus timide. Alors le remake a suscité énormément d’attentes, plus encore après la lente agonie des épisodes récents, Shadows étant le point d’orgue pour beaucoup. Mais un remake, est-ce vraiment la bonne solution pour Ubisoft ? Et puis, ce remake, était-il vraiment nécessaire ?

Pirate des superbes Caraïbes

Avant de parler de la qualité intrinsèque du jeu, passons en revue les différents changements apportés par Resynced. On va bien sûr commencer par le plus évident, à savoir les graphismes. Le remake de Black Flag a été développé avec le moteur Anvil, celui-là même qui a permis à Shadows d’avoir une patte visuelle de toute beauté. Et là encore, il fait fort ! La végétation, l’eau, la lumière, tout est absolument succulent. Aucun jeu n’a de Caraïbes aussi belles à l’heure actuelle, et j’oserais peut-être même dire qu’il s’agit d’un des plus beaux actuels tout court. Être sur son bateau et profiter d’un coucher de soleil suffit à nous emporter, et il m’est même souvent arrivé de m’arrêter et de profiter du décor pendant une dizaine de secondes. Les tempêtes sont elles aussi très impressionnantes, rarement on a été autant immergé dans une tempête en pleine mer. Le Black Flag original n’a pas si mal vieilli, mais rien que pour ça, le remake vaut le coup.

Toutefois, tout n’est pas parfait non plus. Les animations lors des cinématiques sont d’origine, autrement dit de la motion capture assez vieille. Autant dire que ça se voit et ça donne un côté très vieillot tant les mouvements ne semblent pas naturels et la synchronisation labiale est aux fraises. C’est dommage car les animations in-game sont quant à elles excellentes, que ce soit dans les déplacements d’Edward ou de petits détails anecdotiques, par exemple lorsqu’il secoue les mains en sortant de l’eau. Le résultat à ce niveau-là est donc plus mitigé, et ne parlons pas des visages qui sont inexpressifs à souhait, ce qui détonne encore plus avec le décor absolument sublime.

On peut désormais interagir avec le décor contrairement à l’original, la météo est plus dynamique, quasiment aucun temps de chargement, un océan aussi beau que celui de Sea of Thieves tout en restant fidèle à la direction artistique originale ; bref vous l’avez compris, c’est un sans-faute de la part d’Ubisoft si on met de côté les animations et les visages. Mais la cerise sur le gâteau, qui est désormais un luxe, c’est qu’en plus le jeu est parfaitement optimisé. Sur PC, on a accès à une tonne de paramètres, et je n’ai eu aucun mal à faire tourner le jeu en 4k à 60fps avec le ray tracing activé, tout en ayant le DLSS activé en mode qualité. Précision importante : mon PC est équipé d’une RTX 5070 Ti, ça aide un peu.

Des combats dynamiques avec quelques défauts

Maintenant, passons au gameplay. On constate pas mal de changements de ce côté-là, certains bons et d’autres… Moins pertinents. La formule se modernise en perdant au passage quelques éléments qui étaient pourtant d’excellentes mécaniques.

Contrairement aux précédents épisodes qui avaient adopté la formule RPG depuis Origins, Resynced est bien un jeu d’action-aventure. Autrement dit, on dit au revoir au loot incessant, aux montées de niveau, au fait que la réussite d’un assassinat soit conditionnée au niveau de l’ennemi, et ainsi de suite. Désormais, les tenues sont cosmétiques, et les armes ont bien quelques statistiques mais ça n’influe pas énormément sur le gameplay. On débloque les quelques compétences en progressant dans l’histoire principale et on n’a absolument pas de choix. Et c’est une excellente nouvelle ! Car ça dynamise le rythme de l’aventure. Plus de sessions de 10 minutes dans des menus, plus de questions à se poser pour utiliser sa lame secrète, plus de zone inaccessible à cause d’une différence de niveau trop importante. Resynced trouve le parfait équilibre entre une petite touche RPG via les statistiques des armes, sans plomber le cœur de son gameplay.

Du côté du combat, ça change pas mal aussi. Étonnamment, c’est assez proche du jeu original : la principale action utilisée, c’est les contres. À la manière d’un Sekiro: Shadows Die Twice, les ennemis ont une barre de posture, qu’on doit réduire à zéro avant de pouvoir les finir via des animations vraiment très sympas — quoiqu’un peu limitées en nombre, on finit par toujours voir les mêmes. On peut bien sûr esquiver, un voyant rouge nous indiquant lorsqu’une attaque adverse est imparable, et utiliser quelques compétences comme le tir de revolver, presque indispensable contre les ennemis imposants pour réduire leur barre de posture. Les bases sont simples, et force est de constater que les combats sont très dynamiques : pour peu qu’on maîtrise bien le gameplay et les timings de parades, on peut créer des scènes d’action très stylisées et réellement se sentir comme un maître assassin.

Cependant, les combats auraient pu être encore meilleurs. Le premier problème, c’est le lock, qui est complètement aux fraises. On s’attend à cibler l’ennemi juste devant nous, et on se retrouve à suivre un ennemi 10 mètres plus loin. Pour peu qu’on soit encerclé et attaqué de toutes parts, ce qui arrive régulièrement, le lock devient une énorme épine dans le pied. L’autre problème, autrement plus important, c’est l’absence de la capacité de désarmer et récupérer les armes ennemies. Comprenez bien que dans Resynced, vous ne pouvez vous battre… Qu’avec vos épées et vos outils. Vous ne pouvez même pas vous battre à la lame secrète, et encore moins récupérer le mousquet de l’ennemi qui vient de vous tirer dessus. Résultat des courses : les combats deviennent répétitifs à la longue. C’est finalement toujours la même chose : le plus simple étant d’attendre une attaque, la contrer, achever l’ennemi, et rebelote. Il y a bien différents types d’ennemis dont certains qui n’ont que des attaques imparables et d’autres qui vous balancent des grenades — qu’on ne peut pas renvoyer — mais dans l’ensemble, on a toujours l’impression de faire la même chose. L’impression globale qui se dégage des combats est donc mitigée. Parce qu’il y a de bonnes bases, mais il est encore largement perfectible.

Contrairement aux batailles navales, qui, elles, sont toujours aussi efficaces. Je n’ai pas vu énormément de changements par rapport à l’original, peut-être suis-je passé à côté de certaines subtilités, mais pourquoi changer une équipe qui gagne ? Réussir à bien se positionner, lancer une salve de boulets au bon moment, utiliser les boulets ramés pour détruire les mâts et empêcher l’adversaire d’avancer, tout est ultra-immersif grâce à l’excellent sound design et, bien que je n’aie jamais participé à des batailles navales dans les Caraïbes au XVIIIe siècle, on s’y croirait vraiment. On a aussi le retour des navires légendaires, qui sont cette fois de réels boss, avec plusieurs phases au fur et à mesure que leur vie descend. Non, vraiment, c’était l’un des meilleurs arguments du jeu de base, et ça l’est aussi pour ce remake.

Un Assassin’s Creed pur jus

Et l’infiltration alors ? C’est désormais beaucoup mieux. L’infiltration dans les Assassin’s Creed a toujours été, selon moi, la formule parfaite pour les débutants, les Solid Snake ratés et les Sam Fisher pas dégourdis. Resynced ne change rien à ça : l’IA est toujours totalement aux fraises, et il suffit de se cacher dans un fourré après avoir été vu par 10 personnes pour se faire oublier. On peut assassiner un ennemi devant un autre, si on a le bon timing on peut simplement retourner se cacher et ça passera presque inaperçu. Mieux encore, ils viendront à la queue leu leu d’eux-mêmes pour se prendre un coup de lame secrète ! On possède aussi les mêmes outils qu’auparavant, notamment la sarbacane pour endormir un ennemi haut perché ou retourner un adversaire retors contre ses alliés. Le petit plus qui change tout, c’est le fait qu’on peut désormais s’accroupir quand on veut, contrairement à l’original. Ça semble n’être qu’un détail mais ça change tout, car ça permet beaucoup plus de liberté durant ces phases d’infiltration. En somme, rien de transcendant, cette partie du gameplay s’inscrit exactement dans les précédentes. Si vous les appréciez déjà, vous ne serez pas déçus, et vous ne l’aimerez pas plus cette fois si vous les trouviez trop simples auparavant.

Quant à la mécanique iconique d’Assassin’s Creed, le parkour, elle est, elle aussi, largement améliorée et se calque sur le modèle présent dans Shadows. On peut tout faire automatiquement en maintenant la touche “parkour” enfoncée, ou bien choisir de le faire manuellement. On veut sauter d’un toit avant d’atteindre un rebord ? On peut. On veut se jeter dans le vide sans aucune raison ? On peut aussi. C’est beaucoup moins dirigiste que ne l’était l’original, et c’en est paradoxalement plus fluide. Avec en plus les animations très agréables à l’œil, c’est assurément l’un des meilleurs parkours de la licence. Si je devais pinailler — parce que le diable est dans les détails —, je relèverais juste que le fait que le sprint s’arrête après chaque action fait perdre tout le momentum à la course.

Le journal du capitaine

On ne peut pas parler de ce remake sans aborder le cœur du sujet : l’histoire. Black Flag reste l’une des meilleures aventures de la licence, une épopée pirate avec des enjeux humains qui en ont marqué plus d’un. Edward Kenway est probablement le personnage le plus populaire, au coude à coude avec Ezio et Altaïr, et ce n’est pas pour rien. Globalement, les quelques ajouts narratifs apportés par Resynced ne viennent pas chambouler l’expérience initiale — et c’est tant mieux — mais ils injectent des touches de finesse bienvenues. Ces petites nuances rendent Edward encore plus attachant, approfondissant son périple sans jamais trahir le matériau d’origine.

On a aussi de nouveaux membres d’équipage avec leurs propres intrigues. Les quêtes qui leur sont dédiées sont de bonne facture, proposant des quêtes plutôt originales et relativement bien écrites, quoiqu’un peu cliché. Sans être des ajouts renversants qui redéfinissent la progression, ils apportent une profondeur bienvenue au Jackdaw, qui semble désormais un peu plus vivant et moins peuplé de marins anonymes.

Terminons cette partie par le point qui divise, à savoir la suppression pure et simple des séquences dans le présent. Si certains puristes le déplorent, personnellement, je fais partie de ceux qui valident cette décision. Ces phases n’apportaient pas grand-chose à l’univers et ralentissaient le rythme de l’aventure sans raison. Depuis la conclusion de l’arc de Desmond Miles, on voyait bien qu’Ubisoft ne savait pas quoi en faire. Donc c’est la meilleure décision qu’ils pouvaient prendre : pouvoir rester pleinement immergé dans les Caraïbes sans interruption forcée est, à mes yeux, un véritable soulagement qui renforce l’immersion globale.

Un AAA moderne ?

Bon, une fois qu’on a tout passé en revue, qu’est-ce qu’on en retire ? Est-ce qu’Assassin’s Creed Black Flag Resynced peut se déguiser en AAA moderne ? S’il n’était pas un remake mais simplement un nouvel Assassin’s Creed, est-ce qu’il serait à la hauteur ?

Si la réponse peut être largement nuancée, elle reste majoritairement positive. Parce que Resynced est probablement la meilleure proposition concernant la licence qu’on ait eue depuis belle lurette. C’est un jeu agréable à parcourir, doté d’un bon scénario, avec un gameplay qui possède encore des marges d’amélioration mais qui fait ce qu’on attend de lui. Et bien sûr, c’est un jeu réellement dépaysant avec ses magnifiques Caraïbes et son ambiance unique. Black Flag était déjà le meilleur jeu de pirate qui existe à l’heure actuelle, Resynced marche dans ses traces. Pour autant, le game design et l’exploration me laissent sur un ressenti mitigé.

L’exploration dans Black Flag et par ricochet dans Resynced, c’est presque le cœur du jeu. Combien d’heures passe-t-on à voguer en mer, profitant des incroyables chants de marins et des magnifiques panoramas qui s’offrent à nous ? Et tout ça sans jamais s’en lasser, ces respirations qui rappellent presque Zelda: The Wind Waker sont l’un des éléments les plus marquants du jeu et de son remake.

Mais dans le remake, il y a quelque chose en plus : le loot. On a plus d’îles à visiter, et chacune d’elles possède au moins deux coffres à dénicher. Le problème, c’est que les récompenses sont soit purement cosmétiques car liées au manoir — oui, on possède un manoir dans le jeu qu’on peut décorer —, soit totalement anecdotiques puisque ce sont des armes aléatoires qu’on peut aussi acheter chez le marchand. L’exploration n’est jamais ludiquement récompensée à sa juste valeur. Alors bien sûr, on a parfois quelques bonnes surprises. Par exemple, en explorant une île, je tombe sur un cadavre avec une lettre à côté, adressée à sa femme. Eh bien, quelques heures plus tard, je croise justement cette femme et je lui annonce que son mari est mort. Ce n’est qu’un détail, mais c’est typiquement ce genre de détails qui donnent de la consistance au monde. Mon rapport à l’exploration a donc été rempli de bonnes et de mauvaises surprises, d’où le fait que j’en retire un sentiment mitigé. Malgré tout, ça reste l’Assassin’s Creed où il est le plus agréable de se promener grâce à son cadre et, encore une fois, grâce à l’ambiance qu’on doit aux chants de marins !

Et c’est la même chose pour le game design. Globalement, il a été modernisé, tout en conservant certains éléments qui font très 2013 dans l’esprit. Fort heureusement, on n’a plus ces phases de filatures interminables. C’est d’ailleurs assez drôle de constater que le camouflage social ne sert désormais plus à rien. Mais, par contre, on a toujours besoin de chasser pour améliorer notre équipement ! En 2026, alors que la survie de certaines espèces animales est menacée, on continue à les chasser dans un jeu ? Je me doute bien que l’idée était simplement de rester fidèle à l’original, mais quel plaisir peut-il y avoir à chasser la baleine — ou même tout court — quand on connaît le risque qu’elles vivent dans le monde réel ?

Et puis bien sûr, que serait un Assassin’s Creed sans une myriade de bugs ? Resynced n’échappe pas à la règle. Des cinématiques qui ne se lancent pas, des collisions qui ne marchent pas, des animations qui bouclent sans raison… On a vraiment de tout. En règle générale ce n’est pas très grave, mais il est malgré tout arrivé de devoir recharger une partie parce que Edward était coincé dans une action qui devait déclencher une cinématique… qui ne s’est jamais déclenchée. Dans l’ensemble, les divers bugs qu’on rencontre ne ruinent pas l’aventure — peut-être un peu plus l’immersion — mais ils sont tout de même très, très nombreux.

8

/10

Verdict final

Alors, Assassin’s Creed Black Flag Resynced, remake nécessaire ? Ubisoft ne réinvente pas Black Flag mais lui offre une mise à jour suffisamment solide pour que l’aventure reste aujourd’hui aussi dépaysante qu’efficace. Les Caraïbes sont magnifiques, l’ambiance pirate demeure inégalée et les batailles navales n’ont rien perdu de leur superbe. Mais il ne faut pas non plus faire comme si tout était parfait. Certaines animations accusent leur âge, le combat manque de variété, l’exploration récompense trop peu la curiosité. Le remake modernise beaucoup de choses, mais conserve aussi quelques lourdeurs dont il aurait pu se débarrasser sans trahir l’œuvre originale. Resynced n’est donc peut-être pas indispensable pour ceux qui connaissent déjà Black Flag par cœur, mais c’est une excellente porte d’entrée pour les nouveaux joueurs et un retour en mer très agréable pour les anciens. Il ne transforme pas le jeu en modèle absolu de AAA moderne ; il rappelle surtout pourquoi Black Flag reste, plus de dix ans après sa sortie, l’un des Assassin’s Creed les plus attachants et probablement toujours le meilleur jeu de pirates à l’heure actuelle.

Points forts

Tout simplement sublime

L’une des meilleures histoires de la licence

Combats dynamiques…

L’exploration agréable…

Le parkour efficace

Les ajouts narratifs

Les batailles navales

L’excellente OST

Plus de Light-RPG, enfin !

Points faibles

Beaucoup de bugs

Game design parfois daté

... Mais répétitifs

... Mais qui récompense mal

La chasse, vraiment ?

Le doublage français